Le taux de pauvreté monétaire s’est établi à 15,4 % en France métropolitaine en 2024, selon les données publiées par l’Insee en juillet 2026. Il reste stable par rapport à 2023, mais demeure à son niveau le plus élevé depuis le début de la série en 1996.
Environ 9,8 millions de personnes vivant dans un logement ordinaire se situaient sous le seuil de pauvreté. Pour une personne seule, ce seuil correspondait à 1 337 euros par mois. Il est défini conventionnellement à 60 % du niveau de vie médian et varie selon la composition du ménage.
Le niveau de vie ne correspond pas simplement au salaire. Il prend en compte l’ensemble des revenus disponibles du ménage après impôts directs et prestations, puis les rapporte au nombre d’unités de consommation. Cette méthode permet de comparer des ménages de tailles différentes.
La stabilité du taux global ne signifie pas que toutes les situations sont identiques. Les enfants sont davantage exposés : 22,4 % des moins de 18 ans vivaient sous le seuil de 60 % en 2024. Les familles monoparentales, les personnes seules et les ménages sans emploi présentent aussi des risques plus élevés.
L’Insee mesure également l’intensité de la pauvreté, c’est-à-dire l’écart entre le niveau de vie médian des personnes pauvres et le seuil. Cet indicateur s’est légèrement accru. Autrement dit, même si la proportion de personnes sous le seuil n’a pas augmenté, la distance qui les sépare du seuil s’est un peu creusée.
Ces statistiques ne couvrent pas certaines populations, notamment les personnes sans domicile et celles vivant en institution. Elles reposent sur les revenus fiscaux et sociaux disponibles, ce qui explique le délai entre l’année mesurée et la publication. Elles offrent néanmoins la référence la plus complète pour suivre la pauvreté monétaire.
La pauvreté ne se résume pas au revenu. Les difficultés de logement, de santé, de mobilité ou d’accès aux services peuvent renforcer la précarité. À l’inverse, certaines aides en nature ne sont pas entièrement reflétées dans le niveau de vie monétaire.
Le constat reste donc préoccupant : la France conserve un système de transferts qui réduit fortement les inégalités, mais près d’une personne sur six demeure sous le seuil statistique de pauvreté. L’évolution des prix, de l’emploi et des prestations déterminera si ce plateau élevé se résorbe dans les prochaines années.
Sources
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