Le tourisme d’affaires a retrouvé de la croissance en France au printemps 2026, après plusieurs années de recul. Selon les données publiées par l’Insee le 19 août, les hôtels et autres hébergements collectifs touristiques ont enregistré 24 millions de nuitées pour motif professionnel au deuxième trimestre. C’est 6 % de plus qu’à la même période en 2025, soit environ 1,4 million de nuitées supplémentaires.
L’institut présente cette progression comme la première hausse depuis la fin de la crise sanitaire. Le mouvement tranche avec le début de l’année : au premier trimestre 2026, les nuitées d’affaires avaient encore diminué de 2,9 % sur un an, à 18,9 millions. Le rebond du printemps constitue donc une inflexion nette, mais pas encore un retour à la situation d’avant-Covid.
Le niveau du deuxième trimestre 2026 reste en effet inférieur de 32,7 % à celui du deuxième trimestre 2019. Autrement dit, près d’un tiers des nuitées d’affaires observées avant la pandémie manque toujours à l’appel. La hausse récente doit ainsi être lue comme un rattrapage partiel plutôt que comme une normalisation complète du marché.
La progression concerne tous les types de territoires étudiés par l’Insee. Les communes urbaines de densité intermédiaire enregistrent la hausse la plus forte, avec +11,7 % sur un an. Les nuitées d’affaires augmentent aussi dans les zones urbaines denses (+4,3 %) et dans les communes rurales (+2,6 %). En volume, les espaces urbains denses restent toutefois dominants : ils concentrent 13,7 millions de nuitées professionnelles, contre 6,8 millions dans l’urbain intermédiaire et 3,5 millions dans le rural.
Ces déplacements représentent 28,5 % de l’ensemble des nuitées comptabilisées dans les hôtels et les autres hébergements collectifs touristiques au deuxième trimestre. Leur poids atteint 33,4 % dans les communes urbaines denses, 26,4 % dans l’urbain intermédiaire et 20,1 % dans les communes rurales.
Le rebond des voyages professionnels accompagne une hausse plus modérée de la fréquentation touristique générale. Hors campings, les hébergements collectifs ont totalisé 84,2 millions de nuitées au deuxième trimestre 2026, soit 1 % de plus qu’un an auparavant. Les hôtels progressent de 1,4 %, à 61,1 millions de nuitées, tandis que les autres hébergements collectifs reculent de 0,5 %, à 23,1 millions.
La dynamique n’est pas uniforme. La fréquentation augmente de 3,7 % dans les hôtels trois étoiles et de 4,2 % dans les établissements quatre et cinq étoiles. À l’inverse, elle baisse de 2,1 % dans les hôtels une et deux étoiles et de 12 % dans les établissements non classés. Cette divergence suggère que la reprise profite davantage aux catégories supérieures, sans permettre à elle seule de conclure sur les dépenses ou la rentabilité des établissements.
La clientèle étrangère contribue aussi à la fréquentation hôtelière. Les nuitées de visiteurs non résidents augmentent de 1,1 % sur un an. Les clientèles belge, néerlandaise et allemande progressent respectivement de 4,6 %, 4,4 % et 2,7 %, tandis que la clientèle britannique recule de 2,7 %. Les nuitées en provenance des États-Unis bondissent de 8 %, alors que celles d’Asie-Océanie diminuent de 12 %.
Ces chiffres doivent enfin être interprétés dans leur périmètre précis. Ils portent sur les hôtels en France et les autres hébergements collectifs en France métropolitaine, mais pas sur les campings ni sur l’ensemble des locations entre particuliers. Les données sont définitives jusqu’en mai 2026 et provisoires pour juin. Depuis le premier trimestre 2026, le tableau du tourisme d’affaires additionne les hôtels et les autres hébergements collectifs, alors qu’il ne présentait auparavant que les hôtels. Le signal de reprise est donc réel dans le champ mesuré, mais il ne décrit pas à lui seul toute l’économie touristique française.
Sources
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