À partir de la rentrée 2026, le passeport Educfi sera généralisé à l’ensemble des élèves de 4e. L’objectif est de donner aux collégiens des repères concrets pour gérer un budget, comprendre un compte bancaire, utiliser les moyens de paiement et repérer les arnaques. Le dispositif ne crée pas une nouvelle matière avec un horaire national : il doit être intégré par les équipes éducatives au parcours des élèves au cours de l’année scolaire.
Le passeport n’arrive pas de nulle part. Il est expérimenté dans des collèges et en seconde professionnelle depuis 2019, dans le cadre de la stratégie française d’éducation économique, budgétaire et financière lancée en 2016. La Banque de France en est l’opérateur national. Le ministère de l’Éducation nationale indique que 1,8 million de jeunes ont déjà été sensibilisés par les actions Educfi avant cette nouvelle étape.
À la rentrée, les collèges publics et les collèges privés sous contrat devront faire passer le passeport aux élèves de 4e et de 4e Segpa. Il pourra aussi être proposé aux élèves de 3e prépa-métiers. La généralisation concerne donc bien toute une classe d’âge au collège, mais elle ne signifie pas que tous les élèves suivront exactement la même séance au même moment.
Le parcours comporte deux étapes. Une phase de découverte, conduite par un ou plusieurs professeurs à partir d’un support fourni, présente les notions essentielles. Elle est suivie d’un questionnaire destiné à vérifier leur acquisition. Le contenu porte notamment sur la construction d’un budget, le fonctionnement d’un compte bancaire, les principaux moyens de paiement, l’épargne, le coût du crédit et la prévention des arnaques financières.
Les messages sont volontairement pratiques. Les élèves doivent comprendre qu’un crédit est rarement gratuit, que l’épargne peut permettre de faire face à un imprévu et qu’un moyen de paiement doit être utilisé de façon sécurisée. Le programme aborde aussi l’assurance, les interlocuteurs à contacter en cas de difficulté et les mécanismes économiques utiles pour exercer ses choix de consommateur et de citoyen.
Educfi ne repose sur aucune discipline unique. Un professeur de mathématiques peut, par exemple, travailler sur un budget ou comparer des coûts d’emprunt avec des taux d’intérêt. En français ou en langues étrangères, la classe peut s’approprier le vocabulaire de la consommation. Les sciences peuvent relier les choix d’énergie ou de consommation à leurs conséquences financières. Les équipes peuvent organiser une séquence interdisciplinaire, intervenir à plusieurs ou adapter le support aux besoins de leurs élèves.
Aucune date nationale unique n’est imposée pour la passation. Elle peut avoir lieu à tout moment de l’année selon le calendrier de l’établissement. La Semaine de l’éducation financière, organisée en mars, constitue un moment possible, mais elle n’est pas obligatoire. Cette souplesse doit permettre aux professeurs d’intégrer le parcours à leur progression plutôt que d’ajouter une séance isolée sans lien avec les enseignements.
Pour préparer le déploiement, le ministère met à disposition un diaporama, des situations pédagogiques, un carnet de bord, un modèle de lettre aux familles et un parcours d’autoformation pour les personnels. Dans chaque académie, des référents de l’Éducation nationale et de la Banque de France peuvent également accompagner les établissements.
La généralisation intervient dans un environnement où les adolescents sont exposés tôt aux achats en ligne, aux paiements numériques, aux offres de crédit et aux contenus financiers sur les réseaux sociaux. Le passeport ne remplace ni l’accompagnement familial ni une information adaptée à chaque situation personnelle. Il fournit un socle commun pour savoir poser les bonnes questions, vérifier une offre et identifier un risque avant de prendre une décision.
Pour les familles, la conséquence immédiate est simple : un élève de 4e suivra ce parcours pendant l’année 2026-2027, selon des modalités précisées par son collège. L’extension ne s’arrête pas là. Le gouvernement prévoit de renforcer le dispositif dans la voie professionnelle et d’en expérimenter une déclinaison au lycée général et technologique à partir de la rentrée 2027.
Sources
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