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Sophie Adenot, première Française à sortir dans l’espace

Sophie Adenot a effectué le 18 août la première sortie extravéhiculaire d’une Française. L’intervention de 6 h 23 a permis de déposer une antenne défaillante de l’ISS.

Sophie Adenot lors de la sortie extravéhiculaire US EVA-97, le 18 août 2026.Agence spatiale européenne (ESA) — ESA/NASA — ESA Standard Licence — usage éditorial et informatif — source

Sophie Adenot a franchi une nouvelle étape de l’histoire spatiale française. Mardi 18 août 2026, l’astronaute de l’Agence spatiale européenne est sortie de la Station spatiale internationale avec l’Américain Anil Menon. Elle est ainsi devenue la première Française à effectuer une sortie extravéhiculaire, cette opération au cours de laquelle un équipage travaille dans le vide spatial, protégé par un scaphandre.

La sortie, désignée US EVA-97, a officiellement commencé à 14 h 29, heure de Paris, lorsque les deux astronautes ont basculé leurs combinaisons sur leur alimentation autonome. Elle s’est achevée à 20 h 52, après 6 heures et 23 minutes à l’extérieur de l’ISS. Il s’agissait de la première sortie extravéhiculaire de Sophie Adenot et de la deuxième d’Anil Menon.

Leur mission principale consistait à intervenir sur SGANT-2, une antenne de liaison entre l’espace et le sol installée sur la structure Z1 de la Station. Selon l’ESA, cet équipement ne parvenait plus, depuis novembre 2025, à suivre les satellites relais TDRS utilisés pour transmettre des données et des communications entre l’ISS et les équipes au sol. Une autre antenne fonctionnelle permet toutefois à la Station de conserver ses liaisons à haut débit.

L’opération s’est révélée plus longue que prévu. Anil Menon, installé sur un support manipulé par le bras robotique Canadarm2, et Sophie Adenot ont retiré une protection thermique, posé des dispositifs destinés à immobiliser l’antenne, puis débranché ses connexions électriques. Plusieurs boulons et connecteurs bloqués ont ralenti leur progression.

Les contrôleurs de mission ont donc adapté le programme. Les astronautes ont réussi à retirer l’antenne défaillante de son support, puis à l’arrimer durablement à la structure de la Station. En revanche, ils n’ont pas eu le temps d’installer l’antenne de remplacement. La NASA a indiqué que cette seconde étape serait achevée lors d’une sortie ultérieure, alors programmée pour le 25 août.

Ce résultat n’est pas considéré comme un échec de la sortie. Dans ce type d’intervention, la sécurité et le temps disponible priment sur le déroulement initial. La dépose de l’équipement hors service a été menée à bien, l’antenne a été sécurisée et le site de travail a été préparé pour la suite. Avant de regagner le sas Quest, les deux astronautes ont aussi effectué des opérations de rangement et contrôlé un repose-pied portable.

La dimension historique de l’événement dépasse la seule intervention technique. Sophie Adenot, 44 ans, est la deuxième Française à avoir voyagé dans l’espace après Claudie Haigneré, qui avait séjourné en orbite en 1996 puis en 2001 sans effectuer de sortie extravéhiculaire. L’AFP rappelle aussi qu’elle est la deuxième femme européenne à réaliser une telle sortie après l’Italienne Samantha Cristoforetti en 2022. Le dernier Français à avoir travaillé à l’extérieur de l’ISS était Thomas Pesquet, auteur de six sorties lors de ses deux missions.

Ancienne pilote d’essai d’hélicoptères et ingénieure, Sophie Adenot avait été sélectionnée par l’ESA en 2022. Sa sortie du 18 août constitue aussi la 282e activité extravéhiculaire consacrée à l’assemblage, à la maintenance et à la modernisation de la Station spatiale internationale.

Ce jalon illustre surtout la nature concrète du travail en orbite. Une sortie spatiale n’est pas seulement une image spectaculaire : elle combine des mois d’entraînement, des procédures de sécurité exigeantes et une capacité à réorganiser la mission lorsque le matériel résiste. En 6 heures et 23 minutes, Sophie Adenot et Anil Menon ont accompli la partie la plus délicate d’une réparation qui doit encore être terminée.

Sources

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